Mais qui veut la peau de mon sport? Qui a transformé ce sport de
guerrier en sport de diplomate? Qui est responsable du niveau lamentable qu'affiche la NBA cette saison? Telles sont les questions que je me pose en vue des prochains
playoffs. Les réponses doivent sûrement se trouver entre l'image que la NBA veut promouvoir, une image policée, aux antipodes de l'antique ABA
et le caractère, ou plutôt le manque de caractère, de ces pseudo stars planètaires qui veulent prendre la relève des anciens.
Le suspens que nous livreront ces équipes de Pro B ne suffira pas à combler ceci : La NBA est entrain de devenir aussi chiante que le monde de la FIFA, le niveau aussi médiocre que celui de la ligue 1. Il n'y a pas besoin d'être un spécialiste pour se rendre compte de la branlée que prendraient toutes les franchises actuelles face aux Bulls des années 90 ou face aux Celtics des années 80. Pourtant, si l'on y regarde de plus près, force est de constater que sur un plan purement physique et technique, le niveau moyen de la NBA (comme celui du baket mondial d'ailleurs) a progressé. En effet, les gunners s'achètent par paquet de douze, un dunker de plus d'1m85 n'intéresse plus personne (cela dit, je reconnais avoir beaucoup aimé celui de D. Howard avec le sticker au slam dunk contest, sous noté par son altesse, aigrie depuis quelques temps) et pouvoir jouer à trois postes devient aussi courant qu'un poivreau dans un troquet. En revanche, sur le plan stratégique, mental, en gros ce qui différencie le vrai champion du grand athlète, on est loin du compte. Jetons un oeil à quelques uns de ces héros de substitution.
James MVP? Voilà ce que se demandait la presse sportive à l'aube de sa seconde saison (Il avait recueilli un certain nombre de voix dès sa première année dans la grande ligue), il avait d'ailleurs été élu Rookie of the year l'année précédente volant au passage le trophé à Carmelo Anthony malgré sa qualification en Playoff (la saison précédente Cleveland et Denver avaient le même bilan). On entendait George Eddy et son "ssoce" AKA "la caille de Canal" affirmer sans honte que James avait terminé cette saison là meilleur marqueur des rookies. En vérité, c'était Anthony et en nombre et en moyenne (mais je reviendrai une autre fois sur l'aveuglement dont font preuve les spécialistes lorsqu'ils songent à l'ailier des Nuggets). James dût attendre sa troisième saison avant de goûter aux playoffs, les arbitres s'y illustrant magnifiquement en favorisant la poule aux oeufs d'or afin de lui permettre de jouer le deuxième tour. Cette saison là, l'an dernier en fait, il fût couronné MVP du all star game dans un match emmerdant au possible, imposant au monde ses qualités mises au service de son orgueil (je n'aurai pas pensé la même chose s'il eût s'agit d'une finale). Cette saison King James n'a pas progressé, on pourrait même se demander s'il n'aurait pas regressé (à 22 ans ce serait dommage). Son incapacité à dépasser la barre des trente points dans un match en restant au dessus de 50 pourcent de réussite est quelque peu inquiétante, les Cavs sont cinquième de leur conférence à l'heure où j'écris ces lignes, et le pire dans tout cela est qu'effectivement, les Cavs ont une chance d'aller en finale cette saison. Cette conférence qui fait peine à voir : Miami qui alterne les blessures de Wade et d'O'neal, Toronto qui manque d'expérience pour être véritablement pris au sérieux, les Wizards amputés de Butler et d'Arenas. Seul Detroit et Chicago se montrent un peu à la hauteur et encore,pas de quoi hypothèquer sa baraque. Au royaume des aveugles le borgne est roi. Mais je ne conteste pas la nature extraterretre de James (sur le plan physique c'est du jamais vu), simplement Il n'est pas "encore" à la hauteur de son talent, et j'ai serieusement l'impression que l'on veux lui donner tous les trophés, les records, les titres sans lui donner le temps de prouver au monde qu'il est peut-être le messie, comme s'il avait un plan de carrière bien prédéfini. Mais James n'est pas Jordan, du moins pas encore. Lorsqu'un défenseur doit prendre James, il sait qu'il ne pourra pas faire grand chose mais il ne se chie pas dessus deux jours à l'avance, James n'inspire pas la peur.
Et Bryant non plus d'ailleurs, enfin je veux dire que personne n'a peur des Lakers de Bryant. Dominer individuellement sans amener la victoire au bout ne force pas le respect. Sa course de fin de saison pour le titre de meilleur marqueur n'était pas digne d'un triple champion NBA, cela ressemblaît à un cadet perso de niveau départementale, je n'avais pas vu cela depuis la saison rookie d'Iverson et sa série de 5 matchs à plus de 40 points pour autant de défaites. C'était quand même autre chose de voir Jordan nous pondre des stats équivalentes pour gagner une série de playoffs face aux Knicks, aux Pacers, aux Suns et j'en passe.
Il y a deux autres idoles en NBA qui, selon moi, ne méritent pas leur statut. Duncan et Nash, et leur quatre trophés de MVP à eux deux.
J'ai vu Steve Nash pour la première fois au championnat du monde 1994. Le jeune meneur de l'équipe canadienne (20 ans à l'époque) était quasimment le seul intérêt de la compétition. Presque 13 ans plus tard et deux titres de MVP, Steve Nash est totalement adûlé aux USA, flattant semblerait-il l'égo du Neopetitbobo ricain californien ou New Yorkais (avant qu'on commence à m'emmerder avec ma géographie, je suis au courant que Phoenix est en Arizona). Steve Nash est contre la guerre en Irak, contre Bush j'imagine, il doît sûrement lire l'équivalent du NouvelObs aux States, bref Steve Nash est un grand intellectuel, une sorte de Dohrasoo Canadien. Ah les journaleux, s'ils n'existaient pas, je pourrai presque aimer l'humanité. Ils ont tellement apprécier la personnalité du type qu'il n'ont pu s'empêcher de lui filer deux titres de MVP au détriment d'Iverson, D Wade, Nowitzki, Billups ou Bryant. Et cette saison, sans la domination de Dallas il en auraît sûrement eût un troisième. Que Steve Nash fut MVP l'an dernier, pourquoi pas? Mais il y a deux ans, Nash tournait à quinze points par match, il ne faut pas non plus oublier que Stoudamire en plantait 26, et je ne parle pas de l'apport de Marion, ni du fait que Phoenix n'était pas le favori indiscutable de la ligue (ils n'ont d'ailleurs pas gagné le titre). Que Steve Nash ait deux titres de MVP n'est pas un problème en soit, mais que penser si l'on considère qu'Iverson et O'neal n'en ont qu'un seul, Pareil pour Olajuwon et Barkley, et pour Sockton, Payton, Bryant et Kidd, zéro. Un double MVP n'ayant jamais joué la moindre finale, défenseur passable de surcroît, ça craint.
Le cas de Duncan est différent. Duncan est un grand joueur depuis sa première foulée sur un parquet NBA, Mais Duncan mérite-il pour autant ses deux titres de MVP? Eh ben non. Par contre, on lui en a volé un. En 1999, après le Lockout, Duncan avait dominé la saison et aurait mérité, comme Alcindor à son époque (je crois qu'il n'avait pas encore changé de nom), de recevoir le titre de MVP dès sa deuxième saison (à la place de Malone), mais en NBA comme à la FIFA on se trompe souvent d'année lorqu'on arrive à l'heure des récompenses individuelles. Mais depuis, qu'a fait Duncan si ce n'est laisser son équipe se demerder toute seule, en multipliant les erreurs et en ratant ses lancers francs dans les moments chauds. Sans Steve Kerr, sans Stephen Jackson , Sans Robert Horry, sans Bruce Bowen, Les Spurs n'auraient pas gagné le moindre titre après 1999. Même Ginobili et Parker (bien qu'il fasse partie des types les plus ridicules de la planète en dehors des parquets, je reconnais que sur le terrain, c'est un vrai guerrier, un Knick on aurait pû dire dans une autre vie) n'ont pas su être là dans les moments les plus décisifs. Duncan est le plus grand, sauf quand ça compte. Mais Duncan est réservé, poli, et cela suffit à en faire un grand champion. Cela n'empêche que par certains moments, tous les Spurs et anciens Spurs cités plus haut ont connu des moments héroiques que Duncan ne connaîtra jamais. Duncan, c'est 30 points à 55 pourcents et 20 rebonds sans qu'on l'ait vu du match et deux bourdes flagrantes dans les trente dernières secondes.
Pour conclure je dirai, qu'aujourd'hui, un MVP n'est plus un implacable vainqueur mais un citoyen talentueux. Les People ont remplacé les vrais journaux à scandale, et les vides intersidéraux blindés à l'imposture chère aux mondains ont pris la place aux hommes pleins et entiers, passionnants jusque dans leurs travers. Si ça continue comme ça, les Fans iront chercher leurs héros ailleurs.
Le moins que l'on puisse dire, c'est que les Celtics ont déjà connu meilleure saison. Mais l'équipe la plus titrée de tous les temps (16 titres), avant dernière de la ligue en 2007, pourrait bien dès l'an prochain s'installer dans le top quatre de la conférence.
Rookie Challenge, Andre Iguodala rongea son frein dans une équipe des Sixers incapables de s'entendre sur la manière à adopter pour gagner un match. Leur tactique se résumait à donner le ballon à Iverson en début de match, pour ensuite quitter le stade la tête basse avec le goût amer de la défaite dans la bouche. Aujourd'hui, les Sixers se battent comme des chiens, parce qu'ils se battent pour leur pomme et qu'ils ont envie de montrer à cette ligue de mondain que les Sixers peuvent être meilleurs sans Iverson et Webber. Et leur nouveau boss s'appelle Iguodala. 35 victoires sous son commandement, des stats largement en hausse (18pts, 6rbds, 6pdec, 2int par match contre 12pts 6rbds 3pdec et 1.5int l'an dernier) et un leadership qui n'a rien à envier à celui d'Iverson. L'an prochain Philadelphie goûtera aux Playoffs si elle remplit la condition sinequanone du succès : recruter un intérieur pour épauler Dalembert. Je les vois Bien commettre l'erreur de proposer un gros contrat à Mikki Moore.