Jeudi 18 juin 2009
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Toujours le même refrain dans cette France de bandeurs mous. "Ah quel salaud ce
Ben Gordon. Partir à Détroit pour un ou deux millions de plus que la proposition des
Bulls, c'est vraiment scandaleux!" ou bien "C'est pas gentil, dites donc, il se moque de l'histoire des
Bulls et de leur rivalité historique avec les
Pistons en allant chez l'ennemi." lis-je en substance. Mais combien de fois devrais-je répèter que cela ne nous concerne en rien? La carrière d'un sportif professionnel
consiste aussi à amasser des sous, ne vous en déplaise, et puis les
Bulls peuvent s'aligner s'ils veulent véritablement le garder. Et tout de même, dois-je vous rappeler à vous,
qui détestez l'argent, sauf bien sur, lorsqu'il va dans votre poche, que la
NBA est une entreprise comme une autre qui n'a que faire de l'ancrage culturel ou historique que vous
lui prêtez, si ce n'est, évidemment, pour s'imposer dans la durée sur le marché du spectacle et du divertissement? Vous parlez d'une ligue asceptisée par un politiquement correct digne de la
vulgate bobo bien de chez nous, comme s'il s'agissait de transgresser le code d'honneur du chevalier. Ah c'est vrai, l'esprit chevaleresque vous touche seulement si il est pratiqué entre
milliardaires incultes onctueusement politisés.
En vérité dans ces deux exemples (que je n'ai certes pas retranscrit mot pour mot mais croyez moi, le sens n'en est guère changé), on trouve une part de la pensée profonde du Français
moderne.
Laissez-moi, je vous prie compléter. Il aime les joueurs durs au mal qui ne tremblent pas et pourtant n'a que
Duncan à la bouche. Il ne respecte que la fidélité pour son club
bien qu'il estimera toujours d'avantage un
Garnett (ou bien , à son instar, un
Grant Hill qui d'ailleurs, souvenez vous, avait bénéficié d'une propagande
incroyable pour faire passer la pillule de son départ de Detroit) plutôt qu'un
Bryant (enfin plus maintenant qu'il vient de gagner le titre. On n'écrase les hommes que lorsqu'ils
sont à terre, c'est bien connu). Il veut de la rivalité mais exige une sanction au moindre petit accrochage, heurtant gravement son sens moral. Il déteste l'argent mais vénère
David
Stern et
Jordan qui, surement, furent ensemble la plus grosse machine à faire du fric dans le monde du sport au court des années 90. Il approuve le plaffonement
des masses salariales (simple prétexte de racket des franchises riches par la
NBA) tout en se moquant de son effet pervers qu'il produit sur la ligue, c'est à
dire la fuite d'une partie de sa base. Il vénère l'histoire de la
NBA mais se trouve incapable(et s'en branle le plus énergiquement possible) de situer le baptême de
Clovis. En d'autres termes, il adore les discussions pour biens pensants, qui n'engagent à rien.
En fait, il n'aime le basket qu'à partir du moment ou il devient un camp de reéducation pour humains trop humains.